Embera / Wounaan

Les Emberas

Avec une population estimée à 31,284 habitants (recensement de 2010), les Emberas vivent dans la jungle de la province du Darien au Panama et certains habitent les terres au long des rivières Chagres et Gatun.

Embera signifie «homme bon» ou «bon ami». Ils parlent un dialecte appelé Embera, qui est une  langue agglutinante. Ils pratiquent le chamanisme qui est la communication avec les esprits.

Les Wounaans

Avec une population estimée à 7,279 habitants (recensement de 2010), les Wounaan vivent dans la province du Darien, dispersés sur les rives des rivières Chucunaque, Tuira, Balsas, Chico, Jaque, Sambu et Bagre.

Wounaan signifie « personnes, gens, ou peuples ». Ils parlent un dialecte appelé Wounaan meu qui appartient à la famille linguistique Choco (comprenant les langues de l’ouest de la Colombie et les langues indigènes du sud-ouest de Panama).

Aujourd’hui, le peuple Embera / Wounaan est une contrée autochtone du Panama. Elle a été crée en 1983 à partir de deux sites situés dans la province du Darien, en particulier les districts de Chepigana et de Pinogana. Pendant la période coloniale ces aborigènes ont été connus par d’autres noms, tels que : Citares, Zirambiraes, Citabiraes, Chocoes et autres. Ils sont entrés dans l’isthme autour du XVIIIe siècle, depuis la région du Choco en Colombie. Des études récentes indiquent que, avant l’arrivée de Christophe Colomb, ces indigènes venaient probablement du Brésil. Dispersés le long des berges des nombreuses rivières qui traversent le Darien, et loin du confort et des problèmes de la civilisation, ils semblent être en harmonie avec leur environnement. Fier, paisible, honnête, mais méfiant envers les étrangers, ils vivent jour à jour une existence où il y a peu de pressions économiques. Ignorant les procédures et règlements du gouvernement, ils fonts généralement leurs propres lois. Ils étaient généralement connus comme les plus infâmes des indigènes, dans les histoires du Darien. Peut-être à cause de leur aspect sauvage, qui a enflammé l’imagination des créateurs de mythes.

Autant les hommes que les femmes sont presque nus. Les hommes ont un corps musclé, les femmes ont une abondante chevelure noire et portent des boucles d’oreilles. Les hommes utilisent un couvre sexe ou pagne appelé guayuco (dans leur langue Andia) et une petite jupe faite à la main avec  des graines et ces derniers temps avec des perles en plastique (utilisés pour des occasions spéciales) qui s´appelle  Ambura dans leur langue.Maintenant les hommes portent  souvent des  chemises et des pantalons ou parfois des shorts selon les travaux qu’ils vont faire.Les femmes utilisent  des  jupes avec des tissus faits en chine qui sont peint avec des fleurs et des oiseaux qui rappellent la nature, qui s’appellent des paruma (dans leur langue Gua). L’homme et la femme décorent leurs corps avec des tatouages faits avec une teinte de baies d’un arbre connu comme Genipa Americana ou Jagua. Ils utilisent une peinture rouge fabriquée avec du roucou, la gousse orange-rouge qui est utilisé couramment pour donner de la couleur et de la saveur à la cuisine panaméenne.

Ils sont semi-nomades et vivent de façon autonome dans un ou deux petits groupes familiaux. Ils construisent leurs maisons le long des berges des rivières qui servent comme leurs routes et leurs moyens de subsistance. Leur demeure est une plate-forme sur pilotis à plusieurs pieds au-dessus du sol. Ils dorment sur ​​des nattes en écorce d’arbre, ou des hamacs pour les enfants, avec des moustiquaires. Dans la plupart des régions, la chasse et la pêche sont des activités importantes qui confèrent prestige masculin, en plus de fournir des aliments.

La chasse est solitaire, habituellement avec un fusil de chasse et un chien. Dans les régions montagneuses, la sarbacane est encore une utilisation normale. Deux types de poisons sont utilisés sur la pointe des flèches des sarbacanes: l’un est un poison végétal connu comme le curare qui affecte le cœur, et l’autre provient d’une espèce de grenouille. Les espèces chasés les plus courantes sont des gibiers, cerfs, pécaris, tatous, agoutis, singes, et divers oiseaux. Ils utilisent des techniques différentes pour la pêche: le crochet et la ligne, le harpon, le filet, le poison  » molène  » et, plus récemment, le masque de plongée. L’agriculture est l’activité principale. Ils cultivent  la banane plantain qui est le produit principale pour leur commerce. Le  maïs, le riz, les tubercules, comme l’igname, le manioc et d’autres, sont aussi cultivés.

Les femmes font de la poterie en argile, mais à l’heure actuelle cette pratique est en train de disparaître, et aussi des vanneries avec la fibre végétale tels que des paniers, des nattes et des ornements. Les hommes effectuent des travaux avec le bois comme des pirogues, des bancs, des rames, des couvercles de pot, et travaillent le Tagua (ivoire végétal), entre autres. Ils sont aussi connus pour les paniers élaborés, les sculptures en bois de haute qualité, les cannes de commandement  (utilisant le bois fin Cocobolo), les cannes faites sur mesure en fonction de la hiérarchie de la position détenue par le Congrès Général des Embera-Wounaan.

Ils utilisent des pirogues, qu’ils construisent en utilisant les bois: Espavé, cèdre, cèdre l’aubépine et pin jaune. La vie des Embera – Wounaan se déroule autour des rivières, ils utilisent des ânes et des chevaux comme moyen de transport pour se déplacer à l’intérieur de la contrée.

30 a 45 mn de voyage en bateau sur la rivière Chagres sont nécessaires pour rejoindre le territoire des Emberá-Puru, endroit le plus proche de Panama City.